Que se passe-t-il sur la planète terre ? L’énergie, encore et toujours l’énergie !

By | 21 septembre 2026

Disons-le d’entrée : il s’agit à nouveau de batailles pour les matières premières à commencer par l’énergie fossile, mais pas seulement. 

Durant des millénaires, il y eu les batailles pour l’accès à l’eau, la forêt (pour l’habitat et sa protection), la terre (pour l’élevage ou la culture) pour la nourriture.

Du monde nomade à la sédentarisation au sein de laquelle l’énergie fut celle des bras (et des jambes) des hommes et des femmes parfois accompagnés de chevaux pour les mieux lotis. 

Et puis le boum : le charbon. Le charbon à profusion dans les mines de notre continent. Singulièrement, en nos contrées, dans le nord de la France et en Wallonie. 

Charbon et minerais, cela donna l’âge d’or de la sidérurgie.

Armement de plus en plus lourd, machines, rail de chemin de fer. Tout cela a permis la conquête conjointe du monde. L’impérialisme colonial. 

L’empire britannique sur les mers, les empires français, allemand, russe ou ottoman sur les terres.

Ajoutons les ressources des colonies dont d’autres minerais et matières premières. Surtout le pétrole et voici l’explosion de la société de consommation engendrant un bien être ménager et celui des bureaux. 

Avec le pétrole, vient le gaz.

Ajoutons à cela du génie humain continué et voici le développement de la chimie et, à partir du pétrole, les plastiques, les fibres, les vêtements à profusion et la pharmacologie et tant et tant. 

Et maintenant ?

Depuis quelques dizaines d’années, plus de charbon, plus de sidérurgie (les usines ont migré vers des zones maritimes où le minerai est plus aisé à acheminer), plus de ressources des colonies (ou si peu). Enfin, non. Il y a l’uranium.

Le mythe de l’autonomie énergétique avec le nucléaire tente d’effacer la dépendance à la matière première : l’uranium (et assimilés).

Et maintenant, la grande guerre continuée de l’énergie. Ceci de manière visible et médiatisée.

« Cui bono (à qui profite le crime) ?» exprima Cicéron lors du procès de Sextus Roscius en 81 avant J.-C.

Aujourd’hui, en l’occurrence, aux Etats-Unis d’Amérique (USA).

Ils ont des ressources pétrolières mais assez chères à exploiter. 

Donc, quand le prix du baril de pétrole est élevé ils le peuvent.

Ils mettent la main sur le pétrole du Venezuela (1er réserves mondiales prouvées (+/- 17 % du total planétaire connu) mais de qualité telle qu’il est plus coûteux à extraire et à raffiner que d’autres.

Donc, quand le prix du baril de pétrole est élevé ils le peuvent.

La guerre Russie-Ukraine induit beaucoup moins de gaz pour l’Europe qui n’a pas su construire le dernier grand accord entre anciens empires du continent. Il y eu au travers de la construction européenne des accords de neutralisation des velléités entre Français et Allemands (et Autrichiens), et (un temps) Anglais. Mais pas avec les Russes. 

Après la chute du mur de Berlin, les Etats-uniens (le nouvel empire né au 20ème siècle) ne l’ont pas permis. Assez aisément d’ailleurs : des dollars et des Pershings en Pologne ; à la frontière de la zone d’influence résiduelle de la Russie post 1989. 

Cela fait plusieurs siècles que les empires expriment ne pas vouloir de frontières avec d’autres empires. Ils préfèrent des pays dits « zone tampon ».

La guerre contre l’Iran (et pas pour libérer les iraniens et surtout les iraniennes). Conséquence, la flambée du cours du pétrole, dérivés et connexes.

La guerre – à peine larvée – USA >< Chine conduit à de nouvelles frontières économiques avec une Chine montant nettement en puissance au travers des BRICS.

Et l’Europe (l’UE) dans tout cela ? 

  • Peu d’énergie exploitée (les principaux pays qui en possède soit se sont retirés (UK) soit n’y sont jamais entrés (la Norvège).
  • Sous nos sols du grisou (un gaz dit de schiste). Nous ne pouvons l’exploiter.
  • Des terres dites rares ? Nous devons statistiquement en avoir dans nos sous-sols mais interdit de les exploiter. 
  • Le nucléaire, la nouvelle religion nous l’a interdit comme ce qui précède. Et donc plus d’investissement depuis une trentaine d’années (par exemple, en Belgique, en France, en Allemagne).
  • En Allemagne et en Pologne (pays dans lesquels il y a des mines de lignites et autres fossiles récents aisés à exploiter), ils en font de l’électricité. 

Notre Europe, vassal en largage par le Suzerain, peine comme toujours à unir dans la diversité.

Et voici le noeud de ce début de siècle.

L’être humain plus malin que toutes les autres espèces, se croyant même pour certains (et si peu de certaines) plus malin que la nature elle-même, l’être humain décida de passer de la physique (je dirais de premier degré) à celle de deuxième degré. Il s’agit du passage de l’analogique au numérique.

Le tout au numérique. 

Le numérique qui permettrait « l’intelligence artificielle (I.A.) ».

Encore faut-il définir l’intelligence.

Et si les sources d’énergie existent (connues ou encore non connues), elles ne sont en grande quantité exploitables que de manière géographiquement localisée.

Les lieux de transformation et de stockage des données (il s’agit de « connaissances » à tort appelées « intelligence » destinés aux processus de recherche et d’agrégation ultra rapides) avec en amont toutes les chaînes d’approvisionnement depuis à nouveau les sources d’énergie jusqu’en passant par les composants, ces lieux de transformation et de stockage des données sont les nouveaux lieux de pouvoir inégalement répartis.

Un nouveau far-west.

Le plus interpellant (grave ?) à terme pour l’espèce humaine, c’est l’inégalité de l’accession à la propriété au sens large tant de ces lieux que de leur contenu centralisé et en voie d’oligopolisation.

Et la planète dans tout cela ?

La planète va bien. 

La destruction du vivant aussi. 

Elle continue (data center immergés, déforestations, mines, …) sans oublier les ravages provoqués par les bombardements et autres inepties inventées par les hommes.

Voici donc le fil rouge des sociétés consuméristes depuis près de 200 ans. La course aux énergies et comme toujours à la domination par les plus forts du moment. 

Ceux (quasi exclusivement des hommes) qui voulaient le pouvoir sur les autres étaient les plus forts antérieurement avec leurs bras. Depuis David et Goliath nous savons que les qualités cérébrales le sont plus encore. Singulièrement pour embrigader les êtres maintenus, par les premiers, simples ou lâches.

La nature – aussi belle soit-elle – est une barbarie au travers des luttes pour la survie de chaque espèce logée dans une chaîne alimentaire pour les d’autres espèces. L’alimentation qui constitue l’énergie primaire de chaque individu de chaque espèce vivante.

L’espèce humaine en sa capacité d’explorer, d’extraire et d’exploiter des sources d’énergie non vivantes (quoique ; disons inertes) a démultiplié sa capacité à dominer ses mondes. 

Cette épopée continuera à se construire dans le sang et la douleur des plus faibles et des moins intelligents (toutes espèces confondues).

Ce qui peut donner le vertige, c’est la vitesse asymptotique avec laquelle les changements se produisent réduisant pour le plus grand nombre l’accès aux champs de compréhension nécessaires aux adaptations.