I. Le Soir (principal journal de la Belgique francophone) de ce week-end des 25 et 26 juillet 2026 titre en 1er page: » Afflux de chômeurs vers l’assurance maladie« .
Dans le début de l’article est écrit « Selon un monitoring interne de l’Inami, consulté par Le Soir, le nombre de chômeurs entrant en incapacité de travail indemnisés par l’assurance maladie-invalidité augmente de manière inhabituelle depuis septembre 2025, période qui coïncide avec l’envoi des premiers courriers annonçant la fin des allocations au 1er janvier 2026 pour les personnes étant depuis plus de 20 ans au chômage. … » (l’Inami est l’organisation qui rembourse totalement ou partiellement les soins de santé en Belgique).
Étonnant n’est-il pas?
Cela m’interpelle autant que lorsque l’on a mis en place le droit aux congés des chômeurs il y a de nombreuses années déjà (arrêté royal du 25 novembre 1991).
Conceptuellement, c’était saisissant: « je ne travaille pas et j’ai droit aux congés ». Ces mêmes congés (payés) conquis de haute lutte dans les années « 30 » pour se reposer d’avoir beaucoup travaillé et le plus souvent dans des métiers physiquement pénibles (sauf erreur, le 20 juin 1936 en France et le 27 juin 1936 en Belgique).
C’était peut-être un partage des gains de productivité dans la société, partage inscrit pour certain(e)s dans l’espérance d’une croissance sans fin et d’un endettement public enthousiaste.
Je reviens à l’article du Soir.
De quatre choses l’une :
- Soit ces personnes au chômage avant septembre 2025 étaient souffrantes : alors pourquoi n’étaient-elle pas prises en charge par l’Inami ? Etait-ce parce que l’allocation de chômage était supérieure à celle de l’Inami (ou est-ce l’inverse?) et /ou avec moins de contrôle ?
- Soit ces personnes émargeant au chômage étaient en bonne santé et juste dans la (longue) attente d’un job: alors comment se fait-il qu’elles soient subitement devenues souffrantes au point d’être déclarées malades et d’être prises en charge par l’Inami? Est-ce l’exclusion annoncée qui a provoqué un arrêt de travail (pardon de chômage) subit pour cause de maladie ?
- Soit ces personnes, malades et au chômage, voulaient véritablement travailler et ne trouvaient pas de travail adapté ?
- Soit – sans les bonnes informations – je ne comprends rien du tout.
Merci aux autorités de nous éclairer.
Merci aux autorités de lever le voile (cynique) sur la réalité née d’une part du partage des gains nés des accroissements de la productivité et d’autre part de la présence des masses migratoires (comblant depuis 1945 partiellement et plus ou moins ponctuellement les besoins de main-d’oeuvre).
Est-ce pareil dans les autres pays de l’Union européenne ?
2. Face à cette information, je me suis auto-interrogé.
Combien de fois ai-je été malade et en congés de maladie depuis la sortie des études supérieures il y a plus de 40 ans?
Je me souviens d’une fois quelques jours pour cause de pneumonie. Après 3 jours, j’étais déjà au bureau pour les urgences comme payer les salaires ou résoudre un problème client.
Une autre fois, j’ai été hospitalisé 2 ou 3 jours pour une colique néphrétique aiguë (enlèvement d’un calcul rénal).
Et c’est à peu près tout.
Non pas que je n’ai pas eu de maladies, d’accidents ou de problèmes dans l’existence.
De nombreux calculs rénaux m’empêchaient de me déplacer, un accident de moto un samedi avec clavicule brisée (et les douleurs aiguës en riant), une blessure à la jambe à la tronçonneuse, …Et toujours au travail avec parfois des antidouleurs et autres médicaments.
À j’oubliais de rappeler: j’étais né indépendant, le suis devenu comme statut professionnel principal et le suis resté retraité.
Vous me direz que j’ai eu de la chance!
Ou bien est-ce naturel voire culturel?
Alors, tout le monde indépendant? 😉
3. Et pourquoi ne pas (ré)étudier le concept du revenu universel cher à Monsieur le Professeur Van Parijs? Ce revenu universel est une allocation inconditionnelle, universelle et individuelle du plus pauvre au plus riche.
Tout le monde indépendant avec un revenu universel (RU)?
Cela permettrait-il que certain(e)s ne puissent plus continuer à « surfer » d’un système à l’autre?
Cela pourrait peut-être permettre de réduire le nombre de procédures et de fonctionnaires en charge de ces procédures? Des services administratifs d’attribution des allocations et primes diverses. Un peu comme au Grand-Duché de Luxembourg où le Centre commun de la sécurité sociale gère les statuts (salariés et indépendants), l’assurance maladie-invalidité et les pensions. Un seul service de paiement.
A titre d’exemple ci-après:
Un RU1 octroyé dès la naissance – perçu par les parents ou leur substitut – qui remplace les allocations familiales et tout autre prime.
Un RU correspond au minimum vital (actuellement dénommé « revenu d’intégration sociale (RIS) ou anciennement « minimex ») qui est de tout façon pris en charge par la collectivité pour la double raison d’humanité solidaire mais aussi de protection de la paix sociale. Ce RU pourrait être perçu par toute personne en fin de parcours scolaire (après une période d’attente à définir) ou par toute personne accueillie officiellement sur le territoire du pays concerné.
Un RU1 qui augmente un peu en remplacement des bourses d’études, appelé RU2.
Un RU qui remplace les allocations de chômage pour les personnes provisoirement sans travail.
Un RU déduit de la rémunération pour les personnes qui travaillent.
Un RU qui remplace les soutiens des CPAS pour les personnes perdues dans la société.
Un RU qui remplace la partie revenu de remplacement de l’assurance maladie-invalidité pour les personnes en incapacité réelle de travailler. Serait ajouté au RU le remboursement des soins de santé.
Un RU reversé à l’Etat pour les personnes condamnées en matière pénale et privées de liberté.
Un RU à nouveau adapté qui remplace la-les pension(s): appelons -le RUP.
La collectivité au travers de l’Etat accorderait un RU selon une grille claire et connue de toutes et tous (RU, RU1, RU2 et RUP et autres catégories éventuelles).
Chaque personne serait libre de souscrire à des assurances complémentaires que ce soit pour les soins de santé ou la pension.
Pourquoi revenir avec cette proposition utopique de revenu universel?
La révolution industrielle a réduit de manière fulgurante le nombre de paysans (le secteur primaire historique); transformant inéluctablement ceux et celles qui restent en entreprises agricoles peu pourvoyeuses de travail (manuel).
La révolution de l’information (informatique, robotique, télécommunication) a réduit nombre d’industries et/ou accompagné leur déplacement pour cause notamment de coûts salariaux élevés dans le monde occidental vers des cieux plus favorables aux exploitants (le secteur secondaire).
Subsiste un secteur tertiaire obèse et en déconstruction toute proche sous les coups de boutoir à venir (dès demain) de l’intelligence artificielle (I.A.), des I.A.
Que va-t-on faire des personnes qui ne seront ni agriculteurs/trices, ni ouvrier(e)s, ni fonctionnaires (du public ou du privé); toutes remplacées par des machines/technologies déjà existantes et pourvues grâce aux I.A. de (très) larges autonomies?
Ces mêmes I.A. qui permettront – à celles et ceux qui savent leur poser les bonnes questions – d’encore accroître leur productivité et ce au profit principal des propriétaires effectifs des I.A.
Que faisons-nous face à une politique de dénatalité (en parallèle de la croissance des deux derniers siècles) continuée dans le monde occidental face à un accroissement continu de la population ailleurs (par exemple en Inde ou en Afrique; la population chinoise serait quant à elle en voie de réduction)?
La Souveraineté (en tant que repli sur soi), peut-elle ramener un équilibre?
Avec un RU lisible, solidaire, sans fraude, sans délation, avec des contrôles pertinents et garant de la paix sociale en attendant mieux?
Bien entendu doivent être discutés et adaptés les concepts d’allocations et d’assurances dont les assiettes sont de nature différentes.
Voici donc une idée de projet à étudier au niveau européen (si ce n’est pas déjà réalisé).
Des universités et autres Centres d’études intéressés?
En route pour un approfondissement lisible du pacte social?