Le surendettement des états: un gouffre à enjamber volontairement ou l’autre voie (3)

By | 22 juillet 2026

L’économie peut (et doit) être soutenue et relancée – en cas d’essoufflement – par l’Etat sous le contrôle alterné des représentants du peuple qui savent mieux que lui: ce sont les grands travaux financés par la (bonne) dette publique. Des investissements portés par l’Etat au profit des acteurs « locaux ». Ce fût et c’est encore une des principales stratégie de la social-démocratie basée notamment sur la pensée de Monsieur John Maynard Keynes (et quelques autres). Une approche du haut vers le bas: « Top down » dit-on en américain. Conjointement, une répartition de la richesse créée décidée par l’Etat lui-même sous le « contrôle » des groupes de pression.

Peut-être faut-il les trois des niveaux et des temporalités différents? A creuser ultérieurement.

  1. Quelle est la bonne dette publique et la mauvaise dette publique? La dette qui sous-tend des investissements et celle qui sert d’année en année à boucher les trous des budgets courants déficitaires.
  2. L’accroissement nouveau et à venir de la dette publique provient-il essentiellement des déficits budgétaires, d’erreurs (ou de fautes) comptables (tels la comptabilisation de créances économiquement et donc judiciairement irrécouvrables ou les dépassements connus de chantiers publics sous-estimés)? La réponse est oui peut-être sous la réserve des nouvelles dépenses en matière de défense nationale/européenne.
  3. Le pire: l’accroissement de la dette publique provient-il d’emprunts destinés à payer les intérêts de la dette publique (en ce compris les accroissements des intérêts des emprunts passés ou en renouvellement à un taux plus élevé)? Les comptes publics, auxquels j’ai pu avoir accès, ne m’ont pas éclairé sur ce point capital afin d’acquérir une certitude.

Classiquement, voici les voies afin de réduire une dette publique (déjà publié en 2010 dans le journal de la Dernière heure ou sur https://jacqueslitwak.lu/elections-de-juin-2010-les-finances-publiques-cest-le-probleme-majeur/):

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Le défi numéro 1 : Les finances publiques. LE PROBLEME MAJEUR !

Il s’agit de régler le déficit actuel du budget de l’Etat et ceux attendus de manière certaine dans les années à venir sans oublier la dette publique (à savoir la somme des déficits antérieurs accumulés depuis 40 années et jamais résorbés (même si depuis une dizaine d’années les budgets de l’Etat fédéral furent en équilibre au prix néanmoins de certaines contorsions budgétaires).

Quelles sont les solutions possibles pour la résorption de la dette publique (et des déficits) ?

  1. Un moratoire global ou partiel sur la dette avec comme conséquence la mise à néant de la crédibilité de l’Etat belge en sa qualité d’emprunteur.
  2. Le recours à l’inflation (contraire au fondement de la Banque Centrale Européenne (BCE)): c’est appauvrir les personnes malgré elles. Sans leur demander leur avis. Les pauvres resterons pauvres, les riches seront un peu moins (voire un peu plus) riches. La classe moyenne qui tire la consommation et donc la croissance sera fortement touchée.
  3. La baisse des taux d’intérêt: ils ont été très bas (et cela dépendait de la BCE). Va-t-on devoir assister à des taux négatifs comme au Japon dans les années 90 ?
  4. La hausse des recettes publiques: à savoir des taxes, impôts et prélèvements nouveaux avec comme corollaire un risque élevé d’assister à nouveau à un ralentissement économique et donc en période de reprise économique le risque de rechute et de nouvelle récession impactant le budget de l’Etat, en déficit aggravé …
  5. La diminution des dépenses publiques avec comme conséquence à moyen et long terme de miner la compétitivité future si l’on touche aux dépenses de santé par exemple.
  6. Un retour vigoureux à la croissance: quelles mesures doit-on prendre ? Là est le nœud du problème car c’est la seule voie « praticable ». En corollaire, la question du type de croissance reste posée. Une croissance à nouveau basée sur les énergies fossiles et sur une finance spéculative ou une croissance basée sur des énergies alternatives et sur une économie bien réelle ?
  7. Un apport financier extérieur: jamais gratuit mais porteur de croissance. Faire confiance aux citoyens et aux entreprises en leur proposant des obligations remboursables en crédit d’impôts.

La dernière question que je me posais était celle de savoir s’il y avait des êtres politiques qui avaient une colonne vertébrale dans ces pays sur-endettés. Une colonne vertébrale bien nécessaire afin de relever de manière définitive ce défi majeur.

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Quand l’Etat accroît les prélèvements obligatoires (en relevant les taux de prélèvement, en élargissant l’assiette servant de base au calcul, en inventant de nouveaux prélèvements ou en dissimulant dans la complexité ceux-ci), nous citoyen(ne)s-contribuables-administé(e)s subissons.

Subir. Toujours subir.

Continuellement subir.

Ne devrions-nous pas arrêter de subir les politiques étatiques (type « Keynes » ou en URSS « Marx ») qui – isolées des acteurs économiques – sont en berne chez nous?

« Keynes » a toujours la cote. « Marx » avait disparu jusqu’à sa résurgence au travers de partis comme LFI en France ou Le PTB en Belgique.

Arrêter de râler.

De gérer nos frustrations en recherchant des responsables.

Et il y en a des responsables.

Ne subissons plus, agissons localement (Schumpeter).

Revenons un instant à la 8 ème voie:

J’avais en 2000 discuté de ce point avec le CEO d’une quatre grandes banques belges. Celui-ci m’avait fait observé que d’un point de vue macroéconomique les prêts de X millards à l’Etat par le marché (c-à-d les professionnels de la finance (dont les banques et fonds d’investissements)) ou les prêts de X millards par Y millions de personnes (physiques ou morales) à l’Etat (dans la proposition sur la table) équivalaient à la même chose.

Et bien moi, je n’y ai pas cru et je n’y crois toujours pas. En terme comptable, le grand monsieur avait raison. En terme de dynamique économique, il n’avait pas raison. Mais n’était que « salarié » de sa structure financière, je ne vois pas comment il pu comprendre.

D’une part, j’ai beaucoup plus confiance en Y millions de personnes qui vont se mouiller volontairement pour améliorer leur sort (et en même temps celui de l’Etat) que dans l’Etat qui a trop longtemps failli.

Je comprends que pour les institutions financières et pour l’Etat, il soit plus simple de réduire le nombre de créanciers à quelques dizaines et celui de débiteurs à un (et quelques pouvoirs fédérés).

D’autre part, des prophètes du passé nous disent qu’il n’y a pas d’effet retour aux politiques de réduction des impôts car nous vivons dans une économie ouverte.

Ce sont des théoriciens ayant quasi toujours vécus ou vivant directement ou indirectement des deniers de l’Etat ou des institutions financières.

A ce propos, il est dommageable que les économistes ne soient plus philosophes comme dans les temps anciens. Ils intégraient une dimension morale dans leurs analyses. Selon Gaspard Koening « l’ordre néolibéral comptemporain est complètement déconnecté des classiques dont il prétend s’inspirer « (Le point 2809 du 28 mai 2026 page 134). Nos dirigeants ont du chemin à parcourir pour retrouver une sagesse légitimée par les citoyen(ne)s-contribuables-administé(e)s ou laisser la place à une nouvelle génération de non professionnels des politiques politiciennes.

Après cette digression, revenons aux effets retour. Chaque personne dans son micro-marché connaît les effets retour et leurs durées minimales. La somme de tous les efforts des acteurs des micro-marchés – conjointement aux politiques d’assainissement total des déficits publics et de la réduction d’un modèle de consommation éculé – conduira à un nouvel équilibre.

La réduction structurelle de la dette publique et l’arrêt des déficits budgétaires.

Faut-il encore que les dirigeants nous le permettent: présidents de partis et leurs conseillers, auxquels ajouter ceux et celles des groupes intermédiaires, défenseurs de leurs tranchées!

La solution 7 (toujours tabler sur la croissance) est devenue une sorte de religion.

Nous vivons dans un monde fermé (la planète terre).

À la fin du 18e siècle, Antoine de Lavoisier, mathématicien et chimiste, affirme que dans toutes les réactions de ses expériences : « Rien ne se perdrien ne se créetout se transforme ». Il y a un « Mais: il ne peut réellement le prouver.

Nous assistons de visu et de senti, à l’appréhension de cette réalité.

Si nous ne bougeons pas volontairement, individuellement ET collectivement, la nature nous l’imposera.

« Ajustement » il va y avoir. En terme économique, cela s’appelle aussi récession ou pire stagflation (soit récession et inflation): le tout est de savoir récession par rapport à quoi.

Nous ne vivions pas si mal en 1980.

Le point de départ de l’indispensable transformation de notre modèle sera la capacité de mobiliser les moyens financiers permettant aux Etats de retrouver légitimité et conjointement capacité de conduire les politiques publiques nécessaires pour le moyen et le long terme.

A suivre …